Novembre

 

Je me réveille virulent d’émotions, géosynclinal, un grisonnant matin de novembre.

Enfin, le manque de luminosité diminue toutes espoirs de poursuivre la recherche du bonheur. Mélancolie au rendez-vous, je peux enfin faire jouer en boucle la douce et chaleureuse chanson « Only time » de Enya. Chanson fétiche des amoureux de la tristesse, de la déception et de la dépression passagère, je ne peux être plus heureux de revêtir mon masque d’âme tourmentée que je pourrai vautrer partout où je vais en appuyant le fait que la faute de mon sort appartient à ce maléfique mois de novembre.

Mes lèvres amoureuses l’une de l’autre fredonnent avec gaieté, amour et joie cette chanson, celle qui a fait couler des milliers de litres de chagrin durant le visionnement de la vidéo cassette du flamboyant film « Doux novembre ». En m’abreuvant de ma première gorgée d’un savoureux expresso recouvert d’une somptueuse « Bella crema », j’entrouvre les rideaux du salon. Par malheur, j’aperçois que mes voisins ont déjà commencé à décorer en l’honneur de la fête du petit Jésus. La puanteur du bonheur entre à tombereau ouvert dans mes yeux tel un train de banlieue s’accostant à la gare Centrale de Montréal.

Voyant qu’il est maintenant légal aux yeux des autres de commencer à festoyer la magie des fêtes, au diable la dépression ! Je m’empresse de ranger ma précieuse vidéo cassette que je finirai de regarder avec chagrin l’an prochain, puis j’accoure m’habiller pour fêter la venue des soldes du temps des fêtes.

Je suis rassuré, le sauveur est né.

Recherche identitaire

  La jalousie de mon arrogance admire le potentiel de la joie des autres. C’est pour cette raison que je me terre dans ma peur, celle d’être enterré dans un cercueil de pauvre travailleur de la classe moyenne, ayant seulement les moyens de se payer une cérémonie d’enterrement prononcée par un prêtre Alzheimer, soul et TDHA non diagnostiqué.

Je le voie déjà prendre la parole, fier comme un coq dans son habit royal parsemé de tâches de doigts graisseux provenant du « brylcreem » apposé sur les quelques cheveux restants de son crâne reluisant de son ego inconditionnel. Ayons un moment de silence pour cette toge dûment conçue par Les Cercles de Fermières du Québec, qui n’ont rien avoir avec le désastre qui s’acharne sur moi présentement.

J’emporte donc la honte des désires non résolus de ma vie. Je me réjouis, car j’ai l’éternité pour me répéter en silence, confortablement assis seul dans le coin de l’au-delà que « j’aurais dont dû » et du même coup me dire : « Par chance que je ne l’ai pas fait, imagines ce que les autres auraient pensé de moi. ».

Demain, je vais à l’université

Je ne peux que me réjouir du 800$ que j’ai investi pour un cours universitaire ou j’apprends que le professeur possède un animal extraordinaire, unique et sensoriel. Vous l’avez sûrement sur le bout de vos lèvres, ces lèvres qui depuis votre tendre enfance se dépose avec parfois délicatesse ou plutôt, promptement sur une glace à la vanille fraîchement trempée dans le chocolat au lait de votre crèmerie favorite. C’est  effectivement de l’animal chat-chien dont je parle. Ce flamboyant félin qui écoute avec passion et loyauté toute les demandes les plus incroyables les unes que les autres. Le chat-chien est simplement la race supérieure, car elle existe seulement dans l’imaginaire de leur propriétaire.

Utopie de jeunesse

Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire un texte d’un tout autre acabit.

 

‘’Business at the front and party at the back’’

Je me rappelle encore la journée ou je voulais ressembler à un homme, un vrai. Un mâle alpha au volant de sa rutilante Honda CRX manuelle, deux portes, toit ouvrant, de 1.6L carburant à la testostérone pure avec ses 108 cheveux vapeur à 6000 tours par minute.

Sur le siège arrière, se vautre un grand sac de couleur bleu royal, orné d’une scintillante fermeture éclair de couleur or qui rehaussent ainsi la caractéristique mâle de la voiture. De manière intrinsèque, il dégage une forte odeur rancie d’articles de sports achetés usagés à l’aide du canal télévisuel spécialisé dans la vente auprès des particuliers. Je nomme ici la défunte chaîne T.V achat.

Chaque soir de ma jeunesse, je rêvait à ce jour, ce jour où les cheveux de mon arrière crâne caresseraient enfin ma nuque pendant que ceux de l’avant, court, se dresseraient avec fierté à l’aide d’un coup de spray nuisible pour la couche d’ozone. Le même jour où j’embrayerais de façon sportive en 3ème vitesse le bolide de mes rêves afin de laisser la brise entrer par le toit ouvrant, lui laissant ainsi l’opportunité de titiller ma crinière de champion de balle-molle.

Par chance, j’ai pris une autre direction.

La majestueuse montée

Plus j’écris de l’ennuie, plus je m’envie, car dans la vie, si je ne suis pas au fond du baril je ne sais pas où je suis.

Dans mon non-sens, j’y retrouve réconfort et une joie de vivre digne d’une chorégraphie de danse d’un film indien. Les gens sourient, les flocons de bonheur multicolores surgissent aussi puissamment que la majestuosité qui entre dans ma rétine et qui coule à flot de toutes ces larmes salées de délice via cet enchantement visuel. Je me prélasse devant ce spectacle, car je sais très bien que je ne peux l’apprécier autant que lorsque je suis en haut de l’échelle.

C’est pour cette raison que sur le bout de mon baril, j’y ai apposé un beau tremplin doré que j’ai dorloté d’un jet de peinture en canne sous pression résistante à l’oxydation, afin de préserver mes envies de rejaillir vers le fond quand je me sens en manque d’attention.