Novembre

 

Je me réveille virulent d’émotions, géosynclinal, un grisonnant matin de novembre.

Enfin, le manque de luminosité diminue toutes espoirs de poursuivre la recherche du bonheur. Mélancolie au rendez-vous, je peux enfin faire jouer en boucle la douce et chaleureuse chanson « Only time » de Enya. Chanson fétiche des amoureux de la tristesse, de la déception et de la dépression passagère, je ne peux être plus heureux de revêtir mon masque d’âme tourmentée que je pourrai vautrer partout où je vais en appuyant le fait que la faute de mon sort appartient à ce maléfique mois de novembre.

Mes lèvres amoureuses l’une de l’autre fredonnent avec gaieté, amour et joie cette chanson, celle qui a fait couler des milliers de litres de chagrin durant le visionnement de la vidéo cassette du flamboyant film « Doux novembre ». En m’abreuvant de ma première gorgée d’un savoureux expresso recouvert d’une somptueuse « Bella crema », j’entrouvre les rideaux du salon. Par malheur, j’aperçois que mes voisins ont déjà commencé à décorer en l’honneur de la fête du petit Jésus. La puanteur du bonheur entre à tombereau ouvert dans mes yeux tel un train de banlieue s’accostant à la gare Centrale de Montréal.

Voyant qu’il est maintenant légal aux yeux des autres de commencer à festoyer la magie des fêtes, au diable la dépression ! Je m’empresse de ranger ma précieuse vidéo cassette que je finirai de regarder avec chagrin l’an prochain, puis j’accoure m’habiller pour fêter la venue des soldes du temps des fêtes.

Je suis rassuré, le sauveur est né.