Histoire de sucre

Je n’en peux plus, je plonge la main dans ce petit sac fait à base de pétrole auquel je n’y voie aucun signe des flèches formant un triangle signifiant que le simple fait de le déposer dans le bac approprié fait de moi un héros environnemental.

J’en ressors avec rudesse et émotivité une poignée de douces friandises composées d’huile de palme, de tissus conjonctifs de porc, de sirop de glucose et d’éblouissante tartrazine provoquant le plus grand coït visuel de tous les temps. Le tout créé selon l’art de la chimie industrielle de l’ère moderne. Je porte à ma bouche ces jubilants calmants d’émotions refoulées à la même vitesse qu’un toboggan soutenant une famille hétéroclite du 21e siècle fauchant le Bonhomme lors des festivités du Carnaval de Québec.

Je m’empiffre tel un ignoble sarfe vivant seul au monde. Quand vais-je donc arrêter de manger ces délicieuses bouchées de bonheur temporaire fabriquées par des travailleurs assidus vérifiant avec amour la qualité de chacun de ses petits plaisirs faits à la chaîne mécaniquement dans un environnement aseptisé selon les normes sanitaires en vigueur.

Je continue pelletée après pelletée à m’engouffrer. Ça y est, j’ai mal au cœur. Je vous laisse, je vais me coucher.